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Anticiper sa succession : par où commencer ?

Anticiper sa succession : par où commencer ?

Publié le : 01/09/2026 01 septembre sept. 09 2026

Penser à sa succession n'est jamais une démarche facile. Pourtant, l'anticipation permet de protéger ses proches, de transmettre son patrimoine dans les meilleures conditions, d’optimiser la fiscalité et d'éviter certaines difficultés au moment du décès.

Avant de mettre en place une stratégie de transmission, un bilan de sa situation patrimoniale s'impose. Plusieurs outils juridiques sont ensuite mobilisables : testament, donation ou encore SCI familiale.

Chaque situation appelle à une analyse personnalisée, avec les conseils de son notaire.

 

Etape n°1 : le bilan patrimonial


La première étape consiste à dresser un état des lieux précis de son patrimoine. Tous les biens ne se transmettent pas de la même manière : résidence principale, résidence secondaire, biens locatifs, placements financiers ou encore parts de société répondent à des logiques différentes.

Cette analyse doit également prendre en compte la situation familiale : présence d'enfants, d'un conjoint, famille recomposée, objectifs de transmission ou encore volonté de préserver un bien au sein de la famille.

Le notaire est l'interlocuteur privilégié pour identifier les solutions adaptées au contexte familial et patrimonial. Il peut vous recevoir en consultation afin de vous aiguiller, sans que cette démarche n'impose un engagement de votre part.
 

Solution n°1 : la rédaction d’un testament


Le testament permet d'exprimer ses volontés pour le jour de son décès. Il ne produit aucun effet du vivant du testateur mais permet d'organiser la répartition de tout ou partie de son patrimoine dans le respect des règles légales.

En présence d'enfants, il n'est pas possible de disposer librement de l'intégralité de ses biens. Une partie du patrimoine leur est réservée : c'est la réserve héréditaire. Le reste constitue la quotité disponible, dont il est possible de disposer librement :
  • avec un enfant : la quotité disponible est de la moitié du patrimoine ;
  • avec deux enfants : elle est d'un tiers ;
  • avec trois enfants ou plus : elle est d'un quart.

En l'absence d'enfant, mais en présence d'un conjoint survivant, ce dernier bénéficie également d’une protection car il doit recevoir au moins un quart de la succession. Lorsque l'on ne laisse ni enfant ni conjoint, la liberté testamentaire est totale.

Le testament constitue ainsi un outil essentiel pour adapter la transmission à sa situation personnelle.
 

Solution n°2 : la donation en démembrement de propriété


La donation de la nue-propriété d'un bien tout en conservant l'usufruit est une solution fréquemment utilisée pour anticiper la transmission d'un patrimoine immobilier.

Concrètement, les parents conservent le droit d'occuper le bien ou d'en percevoir les revenus locatifs. Les enfants deviennent nus-propriétaires. Au décès de l'usufruitier, ils récupèrent automatiquement la pleine propriété sans taxation supplémentaire liée à cette réunion de l'usufruit et de la nue-propriété.

Cette technique présente également un intérêt fiscal important. La valeur de la nue-propriété donnée dépend de l'âge de l'usufruitier au jour de la donation. Plus la transmission est anticipée, plus l'avantage fiscal peut être significatif.

Par ailleurs, les abattements applicables aux donations se renouvellent tous les quinze ans. Une transmission progressive permet d'optimiser davantage la fiscalité.

Par exemple, un parent âgé de 50 ans peut donner à son enfant une première moitié de la nue-propriété d'un bien immobilier en bénéficiant des abattements en vigueur. Quinze ans plus tard, à 65 ans, lorsque ces abattements sont renouvelés, il peut transmettre la seconde moitié de la nue-propriété dans des conditions fiscales à nouveau avantageuses.
 

Solution n°3 : la donation-partage


La donation-partage est particulièrement adaptée lorsqu'il existe plusieurs enfants et plusieurs biens à transmettre.

Son principal avantage réside dans le fait que la valeur des biens est figée au jour de la donation. Les éventuelles plus-values réalisées par la suite ne seront donc pas prises en compte lors du règlement de la succession, ce qui limite les risques de contestation entre héritiers.

Elle permet également d'organiser une répartition équilibrée du patrimoine de son vivant et de sécuriser la transmission familiale.
 

Solution n°4 : la SCI familiale


La société civile immobilière (SCI) familiale constitue un outil souvent utilisé pour détenir et gérer un patrimoine immobilier à plusieurs.

Les statuts permettent d'organiser les pouvoirs de gestion et de prévoir des règles adaptées aux objectifs de la famille. La transmission peut ensuite s'effectuer progressivement par donation de parts sociales, tout en conservant le contrôle de la société.

La SCI peut ainsi faciliter la gestion d'un patrimoine immobilier familial et préparer sa transmission sur le long terme.

À noter : la création d’une SCI familiale et l’apport d’un bien immobilier à celle-ci représentent un certain coût. Avant de vous engager, il est recommandé de consulter un notaire afin qu’il apprécie l’opportunité de cette opération au regard de votre situation patrimoniale et qu’il vous fournisse une estimation des frais à prévoir.

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